Souffle HA & Pleine Conscience 

Dans la vision polynésienne de la création du monde qui nous entoure,  TAAROA, TUMU-NUI l’ancêtre de tous les dieux, donna naissance au monde. 

Il était d’abord unique, TAHI le premier, existant depuis des temps immémoriaux. Il était puissant. Il vivait dans sa coquille appelée RUMIA, plongé dans les ténèbres. Sans terre, sans mer, sans lune, sans soleil et sans étoiles. 

Lassé de sa solitude, il décida de se révéler. Il déploya ses ailes, étira sa colonne vertébrale, et dévoila sa beauté. Il poussa la voûte et créa TE RAI, le ciel. Il poussa sur ses pieds et créa TE FENUA, la terre, maintenue par TUMU RAI FENUA. 

Puis, TAAROA offrit sa colonne pour créer la terre, les îles et les montagnes.

Avec sa chevelure, il créa les arbres, les fleurs et l’herbe.

De  son sourire, il fit naître la lune, changeante et rassurante, ainsi que le soleil.

De sa sueur, il créa la pluie et c’est ainsi que l’eau, source de vie, se répandit dans les vallées, 

ruisselant jusqu’au lagon avant de se diluer dans les océans.

De son souffle,  il fit naître la houle et les vagues.

Il créa ensuite les espèces animales en secouant ses plumes: celles-ci  donnèrent vie aux  poissons dans les océans, aux animaux sur terre et aux oiseaux dans le ciel à qui il offrit sa voix pour être ses messagers.

Partout régnait une joyeuse atmosphère: là où il y avait le vide, TAAROA y créait la VIE. 

Dans un ultime souffle, il créa les dieux: un dieu pour chaque chose. Et chacune d’elles faisant partie d’un TOUT.

C’est alors qu’il prit de la terre et modela le 1er homme.Puis il souffla dans sa narine le souffle HA: Le souffle de Vie.

Ce souffle HA, nous le partageons avec toutes les créatures de notre monde: créatures animales et végétales. Ce souffle, formidable lien entre nous tous, les êtres vivants, nous unit et nous permet de nous écouter les uns les autres et de nous comprendre,  même sans un mot. Lorsque nous traversons des moments difficiles, nos pensées négatives nous submergent, envahissent notre esprit, au point même d’altérer notre corps et surtout notre souffle, nous faisant perdre contact avec lui, nous déconnectant du tout. 

Comment retrouver cette connexion ? Comment retrouver un état apaisé, de contemplation sereine, uniquement grâce à son souffle et l’utilisation que l’on en fait? 

Il s’agit pour cela de:

  • Faire naître le souffle dans le ventre:  activer le souffle depuis notre centre est un moyen de trouver un état d’équilibre. Respirer intentionnellement et profondément par l’abdomen agit comme un tranquillisant naturel; le rythme cardiaque ralentit et le corps se relâche alors: vous lâchez prise.
  • Faire de son souffle un objet de concentration. Vous avez certainement déjà fait l’expérience de regarder une bougie, une vague,  ou des nuages, le mouvement incessant est comme hypnotique. Le souffle est tout le temps en mouvement, cela permet de ne pas relâcher l’attention, de ne pas s’endormir.
  • Rester dans le refuge du souffle, comme si vous étiez avec lui à l’abri de la tempête des pensées. Rappelez-vous que les pensées sont à l’opposé de l’expérience  du moment présent. On ne peut pas vivre dans le passé, ni vivre dans le futur. On ne peut qu’y penser. On ne peut vivre pleinement que dans le présent. 

Notre respiration est le moyen de revenir au moment présent; notre souffle doit constamment être l’ objet de notre attention, ce vers quoi l’on tentera toujours  de revenir inlassablement. Il est comme une ancre à laquelle on peut s’accrocher. C’ est un cadeau précieux. 

Lorsque nous revenons poser notre attention sur le souffle HA , nous pouvons alors mieux percevoir et contempler la beauté de ce monde: se donner le temps d’admirer les profondes vallées, d’observer les puissantes vagues, d’écouter la mélodie du vent dans les branches et les feuilles des grands arbres majestueux, ou encore le doux chant des oiseaux.

Ainsi, c’est grâce à ce souffle que nous pouvons percevoir la splendeur d’une infime partie de l’immense création de sa majesté TAAROA. Cette terre sublime et multiple est son œuvre.

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